Nyon va-t-elle avoir son propre tramway ?
- il y a 4 jours
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À première vue, la question peut surprendre. Nyon n’a pas de tramway aujourd’hui… mais son histoire ferroviaire montre que la ville n’en est peut-être pas si loin.
Quand le train ressemblait à un tram
Il faut remonter au début du XXe siècle pour comprendre. À cette époque, les trains du NStCM circulaient en partie à même la chaussée, au cœur de la ville. Une configuration très proche d’un tramway urbain, où rails et circulation routière cohabitaient.

Depuis, tout a changé. Une nouvelle gare a été construite, modernisant profondément l’accès ferroviaire à Nyon, mais faisant disparaître ce fonctionnement atypique.
Une gare internationale oubliée
Jusqu’en 1962, la gare de Nyon était un véritable carrefour ferroviaire. On y trouvait :
les trains des CFF,
ceux du NStCM venant de La Cure,
mais aussi des trains en provenance de Divonne-les-Bains.
La ligne Nyon – Divonne-les-Bains jouait un rôle important dans les échanges transfrontaliers. Mais en 1962, elle ferme définitivement, notamment en raison de la construction de l’autoroute A1.

Une cicatrice ferroviaire toujours visible
Plus de 60 ans après, cette ligne n’a pas totalement disparu.
Aujourd’hui encore, ses vestiges subsistent : une voie ferrée non électrifiée traverse Nyon et coupe littéralement la ville en deux. Elle n’est plus utilisée que pour du trafic de marchandises.
Ce reste d’infrastructure, discret mais bien réel, constitue une opportunité rare : une emprise ferroviaire déjà existante, en pleine zone urbaine.

Un projet qui regarde vers 2050
Dans le cadre de la réflexion territoriale LEX 2050, une idée forte émerge : réintégrer la portion Nyon – Eysins dans un axe ferroviaire plus large reliant Nyon à Valserhône, via Divonne-les-Bains, Gex et Saint-Genis-Pouilly.

Un tel projet aurait plusieurs avantages majeurs.
D’abord, il permettrait un report modal massif des milliers de pendulaires qui franchissent chaque jour la douane de Crassier, aujourd’hui largement dépendants de la voiture. Ensuite, cette ligne ne servirait pas uniquement aux flux transfrontaliers : elle pourrait aussi répondre aux besoins des habitants de Nyon eux-mêmes, en offrant un moyen de déplacement efficace à l’intérieur de la ville.
À l’entrée de Nyon, la création d’un parc relais (P+R) à proximité d’un arrêt stratégique renforcerait encore l’attractivité du dispositif, en permettant aux automobilistes de laisser leur véhicule avant d’entrer en zone urbaine.
Dans ce contexte, le tram-train apparaît comme une solution particulièrement adaptée. Capable de circuler aussi bien sur des voies ferroviaires existantes que dans un environnement urbain, il combinerait desserte fine locale et liaisons régionales rapides.






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