Comment relier Divonne-les-Bains et Nyon ?
- 30 mars
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Relier Divonne-les-Bains au territoire suisse voisin, et plus particulièrement à Nyon, constitue une thématique récurrente dans les réflexions consacrées à la mobilité transfrontalière dans la région lémanique. Historiquement, ces deux villes étaient déjà connectées par une ligne ferroviaire aujourd’hui disparue. Une partie de l’ancien tracé, notamment dans le centre de Divonne-les-Bains, a été déclassée puis urbanisée, ce qui rend aujourd’hui impossible une simple remise en service d’une liaison ferroviaire classique.

Dans ce contexte, une solution de transport plus contemporaine pourrait néanmoins permettre de recréer cette connexion : le tram-train. Grâce à sa capacité à circuler aussi bien dans un environnement urbain que sur des sections en site propre, ce mode de transport offre une alternative particulièrement souple et adaptée pour reconnecter les deux agglomérations. Le projet présenté ici, modélisé à l’aide du logiciel open source Netzgrafik, propose un tracé combinant des sections urbaines avec la réutilisation partielle de l’ancienne emprise ferroviaire.

Depuis la partie occidentale de Divonne-les-Bains, le tracé envisagé réutiliserait l’ancienne infrastructure ferroviaire reliant historiquement le secteur de Valserhône à Divonne. Cette emprise demeure aujourd’hui propriété de SNCF Réseau, ce qui constitue un atout important pour une éventuelle reconversion en infrastructure de transport public. À l’approche du tissu urbain, la ligne entrerait dans la ville en longeant le boulevard des Épinettes, puis l’avenue du Salève. Une station principale, dénommée « Divonne-les-Bains », pourrait être implantée à proximité de la piscine municipale afin d’assurer une accessibilité directe au centre-ville. Dans ce secteur, la création d’un parc-relais de grande capacité permettrait également de capter une partie du trafic automobile provenant du Pays de Gex.
Le parcours se poursuivrait ensuite le long de l’avenue des Alpes avant de rejoindre les abords du Lac de Divonne. À partir de ce point, le tram-train retrouverait le tracé de l’ancienne ligne ferroviaire en direction de la frontière suisse, jusqu’au poste douanier de Crassier. Dans ce secteur, l’infrastructure pourrait être implantée parallèlement à la voirie existante. Le projet inclut également une requalification des axes routiers locaux, notamment la route de l’Ancienne Scierie, la route de la Tour et la route de Genève, afin de favoriser une meilleure cohabitation entre les différents modes de déplacement. Ces voies pourraient être aménagées en sens unique et accompagnées de pistes cyclables sécurisées, permettant au tram-train de circuler le long de la route de Nyon dans de bonnes conditions tout en améliorant l’accessibilité pour les mobilités douces.

Une fois la frontière franchie, la ligne poursuivrait son parcours le long de la route cantonale suisse et desservirait notamment les communes de Borex et Eysins. Le tracé rejoindrait ensuite la ville de Nyon, où les voyageurs pourraient bénéficier de correspondances directes avec le réseau ferroviaire suisse ainsi qu’avec les trains régionaux et les liaisons InterRegio.
Le choix du tram-train constitue un élément structurant de ce projet. Contrairement à un train conventionnel, ce matériel roulant est capable de circuler à la fois dans les rues des centres urbains, à la manière d’un tramway, et sur des sections en site propre comparables à celles d’une ligne ferroviaire régionale. Cette polyvalence permet d’intégrer l’infrastructure au tissu urbain de Divonne-les-Bains, de Crassier et de Nyon, tout en maintenant une vitesse commerciale satisfaisante sur les portions plus longues du tracé.

La création d’une liaison moderne entre le Pays de Gex et Nyon présenterait plusieurs bénéfices significatifs. Elle contribuerait à réduire le trafic automobile transfrontalier, renforcerait la connexion avec le réseau ferroviaire suisse, favoriserait le développement de mobilités durables combinant transport public et vélo, et améliorerait l’accès au bassin d’emploi lémanique. Ce projet illustre ainsi la manière dont la réutilisation d’infrastructures existantes, associée à des aménagements urbains adaptés et à l’innovation dans les systèmes de transport, peut permettre d’imaginer de nouvelles formes de mobilité entre les territoires situés de part et d’autre de la frontière.




Mon commentaire en tant qu' habitant de divonne. Je suppose qu'il serait tout autant possible de faire longer la ligne de train si un jour elle devait exister avenue du Crêt d'eau. Le flux de voitures venant de Gex s'ecoule depuis avenue des voirons et avenue du Mont mussy. Un p+R existe déjà à la douane, l'emplacement d'une gare aux alentours semble pertinent (et permettrait de capter des pendulaires de Chavannes de bogis par la même occasion). Le train continuerait le long du lac derrière l'hippodrome ou juste devant. Alternativement le train pourrait contourner le lac de l'autre côté et directement atterrir avenue des pont des îles si la gare était créé au bout de la rue de la dole…