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EuroCity, TGV Lyria : le rouge des CFF va-t-il progressivement disparaître des trains internationaux ?

13 oct.
4 min de lecture

Avec leur nouvelle livrée verte, les ETR 610 de Trenitalia illustrent une évolution de l'identité visuelle du transport ferroviaire international. Alors que les CFF préparent l'acquisition de 21 nouveaux trains à grande vitesse, une question se pose : les futures rames suisses porteront-elles encore le rouge traditionnel des CFF ou adopteront-elles les couleurs de marques internationales comme EuroCity et TGV Lyria ?


EuroCity : des trains suisses aux couleurs italiennes


Depuis plusieurs mois, les voyageurs empruntant les relations ferroviaires entre la Suisse et l'Italie peuvent découvrir une nouvelle identité visuelle : celle des EuroCity de Trenitalia, reconnaissables à leur livrée blanche et verte.


Le vert EuroCity a remplacé le rouge CFF sur certaines rames ETR 610. Photo Bahnonline.
Le vert EuroCity a remplacé le rouge CFF sur certaines rames ETR 610. Photo Bahnonline.

Présentée en novembre 2024, cette nouvelle identité accompagne la modernisation des ETR 610, ces rames pendulaires construites par Alstom pour assurer les relations internationales à travers les Alpes.


Au-delà d'une simple modification esthétique, Trenitalia souhaite renforcer l'identité commerciale EuroCity. Le vert, désormais dominant, évoque notamment la durabilité et accompagne le renouvellement des aménagements intérieurs, des revêtements de sièges et des services proposés aux voyageurs.


Une stratégie fondée sur la coopération plutôt que sur la concurrence


Cette évolution intervient alors que les CFF réaffirment leur volonté de développer les liaisons internationales en coopération avec les entreprises ferroviaires historiques européennes.


Plutôt que de multiplier les services concurrents sous leur propre marque, les CFF privilégient les partenariats avec les opérateurs établis dans les pays voisins.


Cette stratégie se concrétise notamment par le renouvellement des accords avec Trenitalia pour les relations entre la Suisse et l'Italie, mais également avec SNCF Voyageurs, dont le partenariat TGV Lyria a été prolongé jusqu'en 2032.


Un TGV Duplex paré de la livrée TGV Lyria. Photo Pierre Julien.
Un TGV Duplex paré de la livrée TGV Lyria. Photo Pierre Julien.

Cette approche présente plusieurs avantages : mutualisation des moyens, coordination des horaires, commercialisation commune, partage des investissements et meilleure intégration des services internationaux.


Elle pourrait également contribuer à faire évoluer la place de la marque CFF sur les trains circulant au-delà des frontières helvétiques.


21 nouveaux trains à grande vitesse : quelle identité pour la future flotte des CFF ?


Le 24 septembre 2026, les CFF ont confirmé leur décision d'acquérir 21 nouvelles rames à grande vitesse, assorties de 20 options supplémentaires. L'appel d'offres est annoncé pour le premier semestre 2027.


Cette acquisition marque une étape importante dans la stratégie internationale de l'entreprise. Les nouveaux trains doivent permettre de développer les relations à longue distance entre la Suisse et les grandes métropoles européennes.


Mais au-delà des caractéristiques techniques, de la vitesse maximale et du choix du constructeur, une autre question mérite d'être posée : sous quelles couleurs ces trains circuleront-ils ?


Les CFF pourraient naturellement choisir de conserver leur identité traditionnelle, à l'image des Giruno et des Astoro, reconnaissables à leur livrée blanche, rouge et noire.


Un TGV-M aux couleurs des CFF. Illustration LEX 2050.
Un TGV-M aux couleurs des CFF. Illustration LEX 2050.

Cependant, la stratégie de coopération internationale ouvre d'autres perspectives.


Sur les relations franco-suisses, une identité TGV Lyria pourrait renforcer la visibilité commerciale d'une offre exploitée conjointement avec SNCF Voyageurs. Sur les relations italiennes, la nouvelle marque EuroCity pourrait également constituer une référence.


Une flotte appartenant aux CFF pourrait ainsi porter plusieurs identités commerciales selon les marchés et les partenariats, sans que cela remette en cause sa propriété suisse.


À ce stade, il ne s'agit toutefois que d'une hypothèse : aucune décision officielle ne confirme que les futurs trains à grande vitesse des CFF adopteront les livrées TGV Lyria ou EuroCity.


Le célèbre logo CFF de 1972 pourrait-il devenir plus discret ?


L'identité visuelle des CFF repose notamment sur un emblème devenu incontournable dans le paysage ferroviaire suisse.


Créé en 1972 par le graphiste Hans Hartmann, ce symbole représente la croix suisse intégrée à une double flèche horizontale. Il évoque à la fois le mouvement, la circulation dans les deux directions et le caractère national de l'entreprise.


Plus d'un demi-siècle après sa création, cet emblème reste l'un des signes distinctifs les plus reconnaissables du transport public suisse.


Le logo des CFF, inchangé depuis 1972, inspire continuité, robustesse & fiabilité. CFF Historic.
Le logo des CFF, inchangé depuis 1972, inspire continuité, robustesse & fiabilité. CFF Historic.

Mais sa présence sur les trains internationaux pourrait-elle évoluer ?


La nouvelle livrée EuroCity de Trenitalia et l'identité propre à TGV Lyria montrent que les marques commerciales transfrontalières peuvent prendre une place importante dans la communication ferroviaire.


Les futurs trains des CFF pourraient donc conserver leur identité institutionnelle tout en accordant davantage de visibilité aux marques sous lesquelles ils sont commercialisés.


Cela ne signifierait pas nécessairement la disparition du logo CFF, mais plutôt une évolution de sa place sur les véhicules.


Il convient néanmoins de rappeler que la politique actuelle de marque des CFF reste fondée sur une identité institutionnelle forte. Une généralisation des livrées internationales nécessiterait donc des choix commerciaux et graphiques qui n'ont pas encore été annoncés.


Conclusion : demain, voyagerons-nous avec les CFF sans voir leur rouge ?


Pendant plusieurs décennies, les grandes entreprises ferroviaires européennes ont affirmé leur identité nationale à travers leurs trains, leurs couleurs et leurs emblèmes.


Aujourd'hui, le développement des relations internationales pourrait progressivement modifier cette logique.


La question ne serait plus uniquement de savoir quelle entreprise possède le train, mais sous quelle marque le voyageur achète son billet et reconnaît son service.


Pour LEX 2050, cette évolution mérite d'être observée avec attention. La coopération entre opérateurs historiques peut constituer un levier essentiel pour développer une véritable offre ferroviaire européenne, à condition qu'elle s'accompagne d'investissements, de nouvelles dessertes et d'une meilleure coordination des réseaux.


Le rouge des CFF disparaîtra-t-il un jour de leurs trains internationaux au profit du vert EuroCity ou des couleurs TGV Lyria ?


Rien n'est décidé. Mais avec l'arrivée programmée d'une nouvelle génération de trains à grande vitesse, la question n'a jamais été aussi pertinente.


Car, finalement, l'essentiel n'est peut-être pas la couleur du train, mais les destinations qu'il permettra de rejoindre directement depuis la Suisse.

 

 
 
 

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