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Le Haut-Doubs à la croisée des chemins : pour un véritable RER transfrontalier

  • 13 juil.
  • 3 min de lecture

La récente étude présentée par le cabinet TTK sur les mobilités transfrontalières entre le Haut-Doubs et le Nord vaudois dresse un constat sans appel : 90 % des déplacements domicile-travail sont aujourd'hui réalisés en voiture, tandis que 45 % des actifs du Haut-Doubs travaillent en Suisse. Dans un contexte où la croissance démographique et économique se poursuit de part et d'autre de la frontière, le statu quo n'est plus une option.


Les pistes proposées par TTK vont dans la bonne direction. Le renforcement de l'offre ferroviaire entre Pontarlier, Frasne et Vallorbe constitue un levier essentiel pour offrir une alternative crédible à l'automobile. Les auteurs de l'étude rappellent toutefois qu'il ne s'agit, à ce stade, que de pistes de réflexion qui devront être approfondies et financées.


Cartographie du niveau d’offre ferroviaire sur le territoire ©TTK
Cartographie du niveau d’offre ferroviaire sur le territoire ©TTK

Cependant, un point mérite d'être interrogé : la stratégie consistant à concentrer les correspondances en gare de Vallorbe.


La correspondance : l'ennemi du report modal

De nombreuses études sur les comportements des voyageurs montrent que chaque rupture de charge réduit fortement l'attractivité des transports publics. Les autorités organisatrices des transports considèrent généralement qu'une correspondance est perçue comme une pénalité importante, pouvant entraîner une baisse de fréquentation de l'ordre de 30 à 35 %, selon sa qualité et le temps d'attente.


Dans un territoire où neuf déplacements sur dix s'effectuent encore en voiture, il est indispensable de proposer une offre simple, lisible et directe. Demander aux automobilistes de changer de train à Vallorbe avant de poursuivre leur trajet vers Lausanne ou Yverdon risque de limiter fortement le potentiel de report modal.


Prolonger les R3, R4 et R20 jusqu'à Frasne : une évidence

Plutôt que de multiplier les correspondances, une solution apparaît particulièrement pertinente : prolonger les lignes R3 et R4 du RER Vaud jusqu'à Frasne, ainsi que le R20 depuis Neuchâtel.


Une telle évolution présenterait plusieurs avantages :


  • une liaison directe entre le Haut-Doubs et le bassin lémanique ;

  • une meilleure connexion avec les TER Bourgogne-Franche-Comté et les TGV à Frasne ;

  • une offre plus attractive pour les milliers de frontaliers ;

  • une véritable colonne vertébrale ferroviaire transfrontalière.


Le succès d'un réseau ferroviaire repose avant tout sur sa simplicité d'utilisation. Chaque correspondance évitée augmente les chances qu'un automobiliste laisse sa voiture au garage.


À gauche, le réseau CFF et TER actuel, avec correspondance à Vallorbe. À droite, les services R3 et R4 prolongés jusqu'à Frasne depuis l'Arc lémanique, ainsi que le R20 depuis Neuchâtel. Ces schémas sont des illustrations à vocation pédagogique et ne représentent en aucun cas une planification future… malheureusement.
À gauche, le réseau CFF et TER actuel, avec correspondance à Vallorbe. À droite, les services R3 et R4 prolongés jusqu'à Frasne depuis l'Arc lémanique, ainsi que le R20 depuis Neuchâtel. Ces schémas sont des illustrations à vocation pédagogique et ne représentent en aucun cas une planification future… malheureusement.

Une leçon pour le futur Jura-Léman-Salève

Cette réflexion dépasse largement le seul Haut-Doubs.

La future liaison Jura-Léman-Salève (JLS) constitue une formidable opportunité de transformer durablement les mobilités entre la France et la Suisse. Mais son plein potentiel ne sera atteint que si les voyageurs sont captés dès leur point d'origine, sans multiplier les ruptures de charge.


L'expérience montre que les usagers privilégient les trajets directs. Les correspondances doivent rester l'exception et non devenir le principe d'organisation du réseau.


C'est précisément cette logique qui doit guider les futurs développements de la JLS : aller chercher les voyageurs là où ils habitent, leur proposer des trains directs, réguliers et cadencés, et faire du train la solution la plus simple plutôt que la plus complexe.


Le défi n'est donc pas uniquement d'augmenter l'offre. Il consiste surtout à concevoir un réseau capable de rivaliser avec l'automobile en matière de simplicité, de lisibilité et de confort. C'est à cette condition que les ambitions de report modal pourront devenir une réalité, aussi bien dans le Haut-Doubs que sur l'ensemble de l'arc franco-valdo-genevois.

 
 
 

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