Episode 4 : Le département de l’Ain, le grand oublié du Léman Express en 2019.
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Le département de l’Ain est aujourd’hui desservi par la ligne RL6 du Léman Express. Seules deux gares sont concernées, à savoir Pougny-Chancy et Valserhône, anciennement Bellegarde-sur-Valserine. Une dizaine de trains circulent quotidiennement et certaines rames sont régulièrement saturées aux heures de pointe. Paradoxalement, cette ligne constitue l’un des précurseurs du Léman Express. Dès 2001, les CFF ont en effet assuré la desserte de la gare de Bellegarde-sur-Valserine au moyen de rames Bem 550, dans le cadre du service dénommé Rhône-Express-Régional, exploité jusqu’en 2014. Ces rames ont ensuite été retirées au profit de nouvelles rames de type FLIRT.

En 2019, lors de la mise en service du Léman Express, l’offre n’a pas connu d’augmentation significative sur cet axe. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, l’infrastructure au niveau du tunnel de Châtelaine, également appelé saut-de-mouton, ne comporte qu’une seule voie, ce qui limite la circulation des trains à grande vitesse, des trains régionaux et des liaisons en direction de Valserhône. D’autre part, le bassin de population de Valserhône demeure moins dense que celui d’Annemasse, ce qui a longtemps relativisé la priorité accordée à une desserte cadencée à l’heure.

En 2025, l’association LEX 2050 a présenté les résultats d’une première étude, commandée, pilotée et financée par ses soins, avec le soutien d’une douzaine de communes du département de l’Ain. Cette étude portait à la fois sur les perspectives de développement entre Valserhône et Nurieux-Volognat ainsi que sur le prolongement du Léman Express en direction de Culoz.
Les conclusions indiquent que ce prolongement est techniquement réalisable à raison d’un train par heure et par sens à l’horizon 2032, moyennant un investissement estimé à 13,7 millions d’euros. Ce montant, relativement modéré en comparaison des près de 270 millions d’euros nécessaires à la modernisation de la ligne de la vallée de l’Arve, s’explique par la nature des travaux envisagés. Dans le cas de la vallée de l’Arve, les interventions prévoient notamment la création de nouveaux points de croisement, la réalisation d’ouvrages ferroviaires, la mise en place de systèmes de pilotage à distance et l’adaptation de certaines gares. En revanche, pour le prolongement vers Culoz, l’étude réalisée par les bureaux Citec et Artelia prend principalement en compte les travaux de mise aux normes des gares de Pougny-Chancy, Seyssel-Corbonod et Culoz, ainsi que la réouverture des gares de Fort-l’Écluse-Collonges et Génissiat. À plus long terme, des aménagements comparables à ceux envisagés dans la vallée de l’Arve pourraient être nécessaires sur cette ligne, sans constituer pour autant une condition préalable à la mise en œuvre du prolongement.


Ce prolongement pourrait intervenir à la suite de la mise en service de nouvelles rames prévue à l’horizon 2032 et 2033. Afin de répondre à la forte fréquentation observée sur certaines lignes du Léman Express, notamment la ligne L1 reliant Évian-les-Bains à Genève et Coppet, les CFF envisagent l’introduction de 25 rames à deux niveaux à partir de 2032, assortie d’une option pouvant atteindre 75 unités supplémentaires. L’affectation de ces rames à la ligne L1 permettrait de libérer des rames Régiolis actuellement en service, susceptibles d’être redéployées pour assurer une desserte jusqu’à Culoz.


La région Auvergne-Rhône-Alpes, en tant qu’autorité organisatrice de la mobilité, est compétente pour la planification de l’offre régionale. Les infrastructures relèvent quant à elles de SNCF Réseau et, par conséquent, de l’État français. Ces deux acteurs sont engagés dans le cadre du projet de Service Express Régional Métropolitain (SERM) franco-genevois, qui vise à développer le Léman Express en s’appuyant notamment sur les infrastructures existantes afin de renforcer l’offre et d’encourager le report modal. Si le prolongement vers Culoz devait être retenu dans les orientations de ce dispositif, son financement pourrait s’inscrire dans un schéma comparable à celui des travaux de la vallée de l’Arve, associant l’État, la région et le département.

La publication des orientations du SERM franco-genevois est attendue au cours de l’année 2026. L’association LEX 2050 demeure pleinement mobilisée en faveur de la concrétisation de ce prolongement, dans un contexte où la demande est déjà avérée et appelée à se renforcer sous l’effet de la périurbanisation de Genève et de son attractivité économique.




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