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Episode 4 : Le département de l’Ain, le grand oublié du Léman Express en 2019.

  • il y a 11 heures
  • 4 min de lecture

Le département de l’Ain est aujourd’hui desservi par la ligne RL6 du Léman Express. Seules deux gares sont concernées, à savoir Pougny-Chancy et Valserhône, anciennement Bellegarde-sur-Valserine. Une dizaine de trains circulent quotidiennement et certaines rames sont régulièrement saturées aux heures de pointe. Paradoxalement, cette ligne constitue l’un des précurseurs du Léman Express. Dès 2001, les CFF ont en effet assuré la desserte de la gare de Bellegarde-sur-Valserine au moyen de rames Bem 550, dans le cadre du service dénommé Rhône-Express-Régional, exploité jusqu’en 2014. Ces rames ont ensuite été retirées au profit de nouvelles rames de type FLIRT.


Automotrice Bem 550 (Rhône-Express-Régional) quittant Bellegarde-sur-Valserine (Ain) pour Genève-Cornavin en 2001. Construites par les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey, elles auront eu une vie courte pour le domaine ferroviaire. En comparaison, les rames semblables du M1 vaudois sont toujours en service en 2026. On remarquera le logo des TPG, car avec l'abonnement Uniréso on pouvait voyager jusqu'à La Plaine. Ce matériel CFF a été le premier à se rendre sur le territoire français de cette ligne la plus occidentale de notre pays. Photo Pierre Jeannerat.
Automotrice Bem 550 (Rhône-Express-Régional) quittant Bellegarde-sur-Valserine (Ain) pour Genève-Cornavin en 2001. Construites par les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey, elles auront eu une vie courte pour le domaine ferroviaire. En comparaison, les rames semblables du M1 vaudois sont toujours en service en 2026. On remarquera le logo des TPG, car avec l'abonnement Uniréso on pouvait voyager jusqu'à La Plaine. Ce matériel CFF a été le premier à se rendre sur le territoire français de cette ligne la plus occidentale de notre pays. Photo Pierre Jeannerat.

En 2019, lors de la mise en service du Léman Express, l’offre n’a pas connu d’augmentation significative sur cet axe. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, l’infrastructure au niveau du tunnel de Châtelaine, également appelé saut-de-mouton, ne comporte qu’une seule voie, ce qui limite la circulation des trains à grande vitesse, des trains régionaux et des liaisons en direction de Valserhône. D’autre part, le bassin de population de Valserhône demeure moins dense que celui d’Annemasse, ce qui a longtemps relativisé la priorité accordée à une desserte cadencée à l’heure.


Schéma du tunnel de Châtelaine et du saut-de-mouton actuel, en haut, et en 2038, en bas. On constate ainsi que le trafic en provenance ou à destination de La Plaine est limité par l'infrastructure actuelle, limitant ainsi le nombre de relation de la ligne RL6. Schéma Citec.
Schéma du tunnel de Châtelaine et du saut-de-mouton actuel, en haut, et en 2038, en bas. On constate ainsi que le trafic en provenance ou à destination de La Plaine est limité par l'infrastructure actuelle, limitant ainsi le nombre de relation de la ligne RL6. Schéma Citec.

En 2025, l’association LEX 2050 a présenté les résultats d’une première étude, commandée, pilotée et financée par ses soins, avec le soutien d’une douzaine de communes du département de l’Ain. Cette étude portait à la fois sur les perspectives de développement entre Valserhône et Nurieux-Volognat ainsi que sur le prolongement du Léman Express en direction de Culoz.


Les conclusions indiquent que ce prolongement est techniquement réalisable à raison d’un train par heure et par sens à l’horizon 2032, moyennant un investissement estimé à 13,7 millions d’euros. Ce montant, relativement modéré en comparaison des près de 270 millions d’euros nécessaires à la modernisation de la ligne de la vallée de l’Arve, s’explique par la nature des travaux envisagés. Dans le cas de la vallée de l’Arve, les interventions prévoient notamment la création de nouveaux points de croisement, la réalisation d’ouvrages ferroviaires, la mise en place de systèmes de pilotage à distance et l’adaptation de certaines gares. En revanche, pour le prolongement vers Culoz, l’étude réalisée par les bureaux Citec et Artelia prend principalement en compte les travaux de mise aux normes des gares de Pougny-Chancy, Seyssel-Corbonod et Culoz, ainsi que la réouverture des gares de Fort-l’Écluse-Collonges et Génissiat. À plus long terme, des aménagements comparables à ceux envisagés dans la vallée de l’Arve pourraient être nécessaires sur cette ligne, sans constituer pour autant une condition préalable à la mise en œuvre du prolongement.


​Exemple de sillon de Valserhône à Culoz en prolongement de la ligne L6 actuelle. Schéma Citec.
​Exemple de sillon de Valserhône à Culoz en prolongement de la ligne L6 actuelle. Schéma Citec.
Sans travaux d’infrastructure importants, seules les rames Régiolis pourraient assurer le service RL6 jusqu’à Culoz, en raison du courant de traction spécifique présent sur une partie de la ligne. Illustration LEX 2050.
Sans travaux d’infrastructure importants, seules les rames Régiolis pourraient assurer le service RL6 jusqu’à Culoz, en raison du courant de traction spécifique présent sur une partie de la ligne. Illustration LEX 2050.

Ce prolongement pourrait intervenir à la suite de la mise en service de nouvelles rames prévue à l’horizon 2032 et 2033. Afin de répondre à la forte fréquentation observée sur certaines lignes du Léman Express, notamment la ligne L1 reliant Évian-les-Bains à Genève et Coppet, les CFF envisagent l’introduction de 25 rames à deux niveaux à partir de 2032, assortie d’une option pouvant atteindre 75 unités supplémentaires. L’affectation de ces rames à la ligne L1 permettrait de libérer des rames Régiolis actuellement en service, susceptibles d’être redéployées pour assurer une desserte jusqu’à Culoz.


La gare de Pougny-Chancy aujourd'hui (à gauche) dont les infrastructures ne permettent pas la circulation de train de 150 mètres. L'étude Citec/Artelia estime les coûts nécessaires au prolongement et rehaussement des quais, ainsi qu'à la création d'une passerelle permettant de traverser les voies de manière sécurisée à 2,2 millions d'euros. Illustration LEX 2050.
La gare de Pougny-Chancy aujourd'hui (à gauche) dont les infrastructures ne permettent pas la circulation de train de 150 mètres. L'étude Citec/Artelia estime les coûts nécessaires au prolongement et rehaussement des quais, ainsi qu'à la création d'une passerelle permettant de traverser les voies de manière sécurisée à 2,2 millions d'euros. Illustration LEX 2050.
La gare de Fort-L'Ecluse-Collonges n'est aujourd'hui pas desservie. Néanmoins, elle jouit d'un foncier très important qui pourrait accueillir un P+R de grande capacité. Idéalement située sur une route départementale, sa réouverture pourrait participer à l'augmentation du report modal et à la diminution du trafic motorisé. Illustration LEX 2050.
La gare de Fort-L'Ecluse-Collonges n'est aujourd'hui pas desservie. Néanmoins, elle jouit d'un foncier très important qui pourrait accueillir un P+R de grande capacité. Idéalement située sur une route départementale, sa réouverture pourrait participer à l'augmentation du report modal et à la diminution du trafic motorisé. Illustration LEX 2050.

La région Auvergne-Rhône-Alpes, en tant qu’autorité organisatrice de la mobilité, est compétente pour la planification de l’offre régionale. Les infrastructures relèvent quant à elles de SNCF Réseau et, par conséquent, de l’État français. Ces deux acteurs sont engagés dans le cadre du projet de Service Express Régional Métropolitain (SERM) franco-genevois, qui vise à développer le Léman Express en s’appuyant notamment sur les infrastructures existantes afin de renforcer l’offre et d’encourager le report modal. Si le prolongement vers Culoz devait être retenu dans les orientations de ce dispositif, son financement pourrait s’inscrire dans un schéma comparable à celui des travaux de la vallée de l’Arve, associant l’État, la région et le département.


La gare de Culoz et sa nouvelle passerelle, future tête de ligne RL6 du Léman Express. Illustration LEX 2050.
La gare de Culoz et sa nouvelle passerelle, future tête de ligne RL6 du Léman Express. Illustration LEX 2050.

La publication des orientations du SERM franco-genevois est attendue au cours de l’année 2026. L’association LEX 2050 demeure pleinement mobilisée en faveur de la concrétisation de ce prolongement, dans un contexte où la demande est déjà avérée et appelée à se renforcer sous l’effet de la périurbanisation de Genève et de son attractivité économique.

 
 
 

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