Genève–Milan : une nouvelle liaison qui interroge le modèle de mobilité
- il y a 22 heures
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L'annonce par easyJet de l'ouverture d'une liaison entre Genève et Milan, à raison de six vols par semaine, intervient dans un contexte particulier. Alors que nous connaissons déjà la troisième canicule de l'été (en France), particulièrement précoce, et que les enjeux climatiques s'imposent de plus en plus dans les politiques publiques, cette décision invite à la réflexion.

Chez LEX 2050, nous refusons d'opposer les modes de transport. L'avion répond à des besoins auxquels le train ne pourra jamais répondre intégralement, notamment pour les longues distances ou les destinations qui ne disposent pas d'une offre ferroviaire compétitive. Il ne s'agit donc ni de stigmatiser le transport aérien, ni de remettre en cause son utilité.
En revanche, lorsque des alternatives ferroviaires performantes existent, le débat mérite d'être ouvert.
Milan est déjà reliée à Genève par plusieurs trains quotidiens exploités par les CFF et Trenitalia. En un peu plus de 4 h 20, ils offrent une liaison directe entre les deux villes, sans les contraintes d'un passage par un aéroport.
Dans le même temps, de nombreux acteurs investissent pour développer les liaisons ferroviaires internationales. Les projets visant à renforcer les dessertes vers Londres, notamment, illustrent la volonté de proposer une alternative crédible à l'avion sur certaines distances européennes.
C'est pourquoi le choix d'ouvrir une nouvelle liaison aérienne low-cost vers une destination déjà bien desservie par le rail soulève des interrogations.
D'autant plus que les conditions de concurrence restent déséquilibrées. Les entreprises ferroviaires acquittent notamment des redevances d'utilisation du réseau, les sillons ferroviaires, tandis que le transport aérien international bénéficie encore, dans la plupart des cas, d'une exonération de taxe sur le kérosène. Les règles économiques ne sont donc pas identiques pour tous les modes de transport.
La question n'est donc pas de choisir entre le train et l'avion.
La véritable interrogation est la suivante : lorsqu'une liaison ferroviaire est suffisamment performante pour constituer une alternative crédible, les pouvoirs publics doivent-ils continuer à maintenir un cadre qui favorise indirectement le transport aérien, ou convient-il d'encourager davantage le rail ?
À l'heure où les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents et où des investissements importants sont consentis pour renforcer les liaisons ferroviaires européennes, cette réflexion apparaît plus pertinente que jamais.
Chez LEX 2050, nous estimons qu'il est temps d'ouvrir ce débat, avec pragmatisme, sans opposer les modes de transport, mais en veillant à ce que les règles du jeu soient cohérentes avec les objectifs de mobilité et de transition climatique que nous nous fixons collectivement.
