Inscrire les dynamiques urbanistiques du passé dans une vision d’avenir
- Alain Mayaud
- 17 janv.
- 3 min de lecture
Le 15 janvier dernier, Le Dauphiné Libéré rapportait que le conseil communautaire de Saint-Genis-Pouilly avait approuvé à l’unanimité la création d’un périmètre d’études autour du secteur sud de la zone de l’Allondon.
Selon la municipalité, cette décision « s’inscrit dans un contexte de fort développement du territoire et vise à préserver la vocation économique et commerciale stratégique de la zone ».
Ce nouveau périmètre d’études a notamment pour objectifs d’analyser les besoins fonciers et immobiliers liés aux activités économiques, de planifier la requalification et l’organisation spatiale du secteur, d’anticiper les impacts urbains, environnementaux et paysagers des projets à venir, ainsi que de prévenir toute urbanisation jugée inadaptée — en particulier résidentielle — susceptible de fragiliser l’activité économique locale.

Pourtant, alors que le territoire du Pays de Gex connaît depuis plusieurs années une croissance démographique soutenue, appelée à se confirmer jusqu’au milieu du XXIᵉ siècle, les enjeux liés au mitage du territoire et à l’étalement urbain semblent relégués au second plan. Cette approche interroge, dans un contexte où les politiques publiques nationales et transfrontalières plaident de plus en plus en faveur d’un urbanisme plus sobre en foncier et moins dépendant de l’automobile.
Depuis 2023, l’association LEX 2050 s’est entourée de plusieurs urbanistes et a notamment mis en avant les travaux de Davide Galli, architecte-urbaniste diplômé de l’EPFL et de l’UNIGE. Celui-ci proposait une reconversion progressive de la zone de l’Allondon, aujourd’hui occupée sur près de 25 hectares par des concessionnaires automobiles, cuisinistes et grandes surfaces commerciales, en un quartier à vocation mixte, intégrant logements, services et commerces de proximité.

Dans ce cadre, notre association a contribué, lors des 21ᵉ et 22ᵉ Rencontres des urbanistes franco-suisses, à mettre en lumière le potentiel de ce secteur stratégique, situé à proximité immédiate de l’emprise de la future ligne du piémont du Jura. Les études présentées montraient que cette zone aurait pu accueillir environ 8 320 nouveaux habitants, au sein d’immeubles de deux à trois étages, organisés autour d’espaces verts de qualité, notamment le long des rives de l’Allondon.
L’actuelle municipalité de Saint-Genis-Pouilly, conduite par le maire Hubert Bertrand, qui a récemment annoncé sa candidature pour un sixième mandat, semble toutefois maintenir une séparation stricte entre fonctions commerciales et résidentielles, privilégiant un modèle de zones d’activités en périphérie urbaine, fortement dépendantes des véhicules motorisés individuels. Cette vision, héritée de logiques d’aménagement du XXᵉ siècle, apparaît en décalage avec les enjeux contemporains de transition écologique et de mobilité durable.

Les prochaines élections municipales, prévues dans trois mois, pourraient néanmoins influer sur ces orientations. L’association LEX 2050 continuera, pour sa part, de plaider en faveur d’un développement urbain raisonné, fondé sur la densité maîtrisée, la mixité fonctionnelle et la proximité des infrastructures de mobilité structurantes, décarbonées et capacitaires, seules à même de répondre durablement aux défis démographiques, environnementaux et sociaux du territoire.




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