La ligne du piémont incompatible avec la voie verte?
- 5 févr.
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Pays de Gex Agglo a engagé un projet ambitieux : la transformation de l’intégralité de la ligne ferroviaire du piémont en voie verte. Cet aménagement, très attendu par les cyclistes et les promeneurs, est présenté comme provisoire, conformément à la convention signée, dans l’attente d’une éventuelle réouverture de la ligne au trafic voyageurs.
Or, cette perspective de réouverture n’a rien de théorique. Une étude conduite par Pays de Gex Agglo elle-même indiquait que la remise en service de la ligne ferroviaire serait nécessaire à l’horizon 2050, notamment si une pénétrante ferroviaire vers Genève venait à être réalisée. Cette hypothèse s’inscrit aujourd’hui dans un projet bien identifié : le train léger Jura–Léman–Salève, destiné à renforcer les liaisons transfrontalières et à répondre à la croissance continue des déplacements domicile-travail.
Ne pas opposer les mobilités
L’association LEX 2050 tient à être claire : il ne s’agit pas d’opposer le vélo au train, ni la voie verte au transport ferroviaire. Toutes ces mobilités sont nécessaires à la transition écologique du territoire. En revanche, l’association s’interroge sur la pertinence économique et stratégique du choix actuel.
La création d’une voie verte sur l’ensemble de la ligne du piémont représente un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros, alors même que le budget de l’agglomération n’est pas extensible. Dépenser une telle somme pour un aménagement appelé à être démonté ou profondément modifié dans quelques décennies pose question, surtout dans un contexte de fortes contraintes financières pour les collectivités locales.
Anticiper plutôt que refaire
LEX 2050 appelle donc à une approche plus prospective et plus sobre. Deux pistes méritent d’être étudiées sérieusement :
Rechercher une alternative de tracé pour la voie verte, évitant d’hypothéquer une infrastructure ferroviaire stratégique à long terme ;
Prévoir dès aujourd’hui la cohabitation de la voie verte et de la future infrastructure ferroviaire sur un même site, afin d’éviter des surcoûts majeurs et des travaux redondants.

Tram-train Alstom Citadis circulant entre Péron et Saint-Jean-de-Gonville sur le service M1 du Léman Express. La réouverture de la ligne du piémont pourrait, à certains emplacements, se faire en parallèle de la voie verte. ©LEX2050
Anticiper les besoins de mobilité de demain, c’est aussi éviter de refaire deux fois les mêmes aménagements. Le Pays de Gex, territoire en forte croissance et au cœur des enjeux transfrontaliers, mérite une vision cohérente et durable, capable de concilier mobilités douces, transports collectifs et responsabilité budgétaire.




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