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Le Pont du Mont-Blanc verra-t-il circuler à nouveau des tramway ?

  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

Quand le tramway franchissait déjà le pont du Mont-Blanc


Le tramway a déjà circulé sur le pont du Mont-Blanc. L’ouvrage faisait notamment partie du réseau de tramways genevois et de la logique de ceinture qui permettait de relier les différents quartiers de la ville sans nécessairement passer par les principaux axes du centre.


La disparition progressive du tramway au profit de la circulation automobile a profondément transformé le pont. Aujourd’hui, il constitue l’un des principaux axes routiers de Genève, alors que le réseau de tramway s’est considérablement développé sur les deux rives.


Près d’un siècle plus tard, l’idée de lui rendre une fonction de transport collectif lourd refait pourtant surface.


Photo rare : les motrices 700 n’ont jamais circulé avec des remorques en service régulier sur la ligne de ceinture, hors essais sans voyageurs en 1950.
Photo rare : les motrices 700 n’ont jamais circulé avec des remorques en service régulier sur la ligne de ceinture, hors essais sans voyageurs en 1950.

Des élus veulent revoir le tramway sur le pont


La motion 3089 du Grand Conseil genevois, portée notamment par le député Matthieu Jotterand, demande que soit étudiée la possibilité de permettre à nouveau la circulation des tramways sur le pont du Mont-Blanc.


L’enjeu est particulièrement important alors que l’ouvrage doit faire l’objet de travaux. Il s’agit de ne pas réaliser aujourd’hui des aménagements qui rendraient impossible le passage d’un tramway pendant plusieurs décennies.


Cette réflexion rejoint d’ailleurs une logique historique : le pont du Mont-Blanc a déjà été intégré au réseau de tramways genevois et pourrait à nouveau devenir un maillon essentiel du réseau.


Mais plutôt que de considérer le pont uniquement comme une infrastructure urbaine, pourquoi ne pas profiter de cette opportunité pour réfléchir à une véritable ligne desservant toute la rive gauche ?


Le pont du Mont-Blanc reverra-t-il prochainement circuler des tramways blancs et orange ? Illustration : LEX 2050.
Le pont du Mont-Blanc reverra-t-il prochainement circuler des tramways blancs et orange ? Illustration : LEX 2050.

De Genève à Veigy : une ligne pour la rive gauche


C’est le principe de la Ligne 19 proposée par LEX 2050 : relier la douane de Veigy à Genève en desservant Anières, Corsier, Vésenaz, le quai Gustave-Ador et le pont du Mont-Blanc.


Une telle ligne permettrait de transformer l’actuel axe routier en véritable corridor de transport collectif. Elle offrirait une desserte fine des communes de la rive gauche tout en assurant une liaison directe avec le centre de Genève.


L’enjeu est considérable. La route départementale permettant d’entrer dans le canton par la douane de Veigy supporte environ 12 000 véhicules par jour. Une partie de ces déplacements pourrait être reportée vers les transports publics si une alternative suffisamment rapide, fréquente et capacitaire était proposée.


Un P+R est déjà présent à proximité de la douane de Veigy. Il pourrait constituer le point d’intermodalité naturel d’une future ligne : les automobilistes venant du Bas-Chablais pourraient y laisser leur véhicule avant de poursuivre leur trajet en tramway vers Genève.


Le projet permettrait ainsi de capter les flux avant leur entrée dans le canton plutôt que de chercher à augmenter sans cesse la capacité routière.


Un P+R est déjà présent à  hauteur de la douane de Veigny et il serait encore possible d'augmenter son emprise pour capter une part plus importante des 12'000 véhicules qui franchissent la frontière tous les jours. Illustration Le Dauphiné Libéré.
Un P+R est déjà présent à hauteur de la douane de Veigny et il serait encore possible d'augmenter son emprise pour capter une part plus importante des 12'000 véhicules qui franchissent la frontière tous les jours. Illustration Le Dauphiné Libéré.

Le tramway n'est cependant pas la seule solution


Le tramway constitue une possibilité parmi d’autres. Une réflexion plus large pourrait également porter sur le développement du train léger « métro » Jura-Léman-Salève, dont une première ligne pourrait relier à terme Saint-Genis-Pouilly à Neydens.


Une seconde ligne pourrait prolonger cette logique métropolitaine en reliant Gex à Thonon-les-Bains, via Ferney-Voltaire, Grand-Saconnex, Vernier, Onex et le centre de l’agglomération, avant de poursuivre vers la rive gauche, Douvaine puis Thonon-les-Bains.


Une telle infrastructure offrirait une capacité et une vitesse supérieures au tramway et permettrait de connecter plusieurs territoires périphériques sans nécessairement faire converger tous les déplacements vers les mêmes axes routiers.


Ces deux solutions ne sont d’ailleurs pas nécessairement concurrentes. Le tramway pourrait assurer une desserte fine de la rive gauche tandis que le train léger jouerait un rôle plus métropolitain, en reliant les principaux pôles du Grand Genève et du Chablais.


Le débat autour du pont du Mont-Blanc dépasse donc largement la question d’un simple ouvrage genevois.


Le retour du tramway sur le pont pourrait être le premier maillon d’une nouvelle desserte de la rive gauche, capable de proposer une alternative concrète aux quelque 12 000 véhicules qui franchissent chaque jour la frontière à Veigy.


Une infrastructure existe déjà : le P+R de Veigy. Un corridor de transport existe également. Et le pont du Mont-Blanc a déjà accueilli des tramways.


Reste désormais à savoir si Genève souhaite préparer dès aujourd’hui les infrastructures qui permettront de répondre aux besoins de mobilité de demain.


Les lignes M1 à M3 pourraient constituer une première étape de réalisation à l’horizon 2040-2045 du projet Jura-Léman-Salève. La ligne M4 permettrait quant à elle de desservir un bassin de population important, notamment entre Gex et Ferney-Voltaire, de Vernier à Lancy, ainsi qu’au-delà de la frontière, en direction de Douvaine et Thonon-les-Bains. Le Conseil consultatif du projet Jura-Léman-Salève recommande justement de prendre en compte ces extensions dès la réalisation du projet : « Le Conseil souhaite aussi que les amorces pour des extensions futures fassent partie des réflexions et études menées, par exemple dans le secteur de Rive pour irriguer avec une autre branche la rive gauche (Cologny, Collonge-Bellerive, Pallanterie, Douvaine, etc.) ou au sud vers Annecy. »
Les lignes M1 à M3 pourraient constituer une première étape de réalisation à l’horizon 2040-2045 du projet Jura-Léman-Salève. La ligne M4 permettrait quant à elle de desservir un bassin de population important, notamment entre Gex et Ferney-Voltaire, de Vernier à Lancy, ainsi qu’au-delà de la frontière, en direction de Douvaine et Thonon-les-Bains. Le Conseil consultatif du projet Jura-Léman-Salève recommande justement de prendre en compte ces extensions dès la réalisation du projet : « Le Conseil souhaite aussi que les amorces pour des extensions futures fassent partie des réflexions et études menées, par exemple dans le secteur de Rive pour irriguer avec une autre branche la rive gauche (Cologny, Collonge-Bellerive, Pallanterie, Douvaine, etc.) ou au sud vers Annecy. »

 
 
 

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