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Viry et Collonges-sous-Salève : rouvrir les gares pour connecter le Jura-Léman-Salève au réseau ferroviaire régional

  • 28 août
  • 6 min de lecture

La réouverture des gares de Viry et de Collonges-sous-Salève, auxquelles pourrait s'ajouter un nouvel arrêt à Archamps, constitue une opportunité majeure pour le développement du réseau ferroviaire du Grand Genève. Pour LEX 2050, ces gares ne doivent toutefois pas être considérées comme de simples haltes TER : elles doivent s'inscrire dans une vision beaucoup plus ambitieuse, celle d'un réseau ferroviaire maillé, transfrontalier et intégré au Léman Express.


Cette vision rejoint désormais les recommandations du Conseil consultatif de la liaison Jura-Léman-Salève (JLS), qui souhaite que les possibilités de connexion de la nouvelle infrastructure avec les lignes existantes du pied du Jura et du pied du Salève soient étudiées.


Une ligne historique aujourd'hui sous-exploitée


Entre Valserhône et Annemasse, la ligne ferroviaire du pied du Salève constitue l'une des infrastructures ferroviaires les plus intéressantes du sud du Grand Genève. Construite à la fin du XIXe siècle, elle relie directement les territoires de l'Ain, du Genevois et de la Haute-Savoie.


Aujourd'hui, seules Valleiry et Saint-Julien-en-Genevois disposent encore d'une desserte voyageurs régulière. Pourtant, la ligne desservait autrefois plusieurs autres gares, notamment Viry, Archamps et Collonges-sous-Salève.


Cette situation est paradoxale dans un territoire qui connaît une croissance démographique et économique particulièrement importante. Une infrastructure ferroviaire existe, mais une grande partie des communes qu'elle traverse n'en bénéficie plus directement.


Pour LEX 2050, il est donc temps de considérer cette ligne non plus comme une simple ligne TER régionale, mais comme un élément constitutif du réseau du Grand Genève.


Viry : une réouverture déjà soutenue par Genève


La gare de Viry est probablement l'exemple le plus avancé.


La commune travaille elle-même à créer les conditions nécessaires à sa réouverture, notamment à travers l'aménagement du secteur de la gare, l'amélioration de son accessibilité et la création d'un parc-relais.


Surtout, le Conseil d'État genevois soutient explicitement la réactivation de la gare. Dans une prise de position publiée en novembre 2024, il indiquait apporter son appui aux autorités françaises pour améliorer les infrastructures ferroviaires entre Bellegarde et Annemasse, en citant notamment la réactivation de gares commerciales comme Viry ainsi que la réalisation des points de croisement nécessaires à l'augmentation de la fréquence des trains.


Ce soutien est important : il démontre que la question dépasse largement le cadre communal ou départemental. La réouverture de Viry est un enjeu à l'échelle du Grand Genève.


La gare de Viry aujourd'hui, à gauche, et demain, desservie par les trains légers de la liaison Jura-Léman-Salève et ceux du Léman Express entre Valserhône et Evian-les-Bains via Annemasse. Illustration LEX 2050.
La gare de Viry aujourd'hui, à gauche, et demain, desservie par les trains légers de la liaison Jura-Léman-Salève et ceux du Léman Express entre Valserhône et Evian-les-Bains via Annemasse. Illustration LEX 2050.

Collonges-sous-Salève et Archamps : un potentiel considérable


La situation est tout aussi intéressante autour de Collonges-sous-Salève et d'Archamps.


Les réflexions actuelles du Grand Genève ne se limitent d'ailleurs pas à reproduire exactement l'ancienne desserte. Elles envisagent à la fois la réactivation de Collonges et la possibilité d'un nouvel arrêt à Archamps, permettant d'adapter la desserte ferroviaire à l'organisation actuelle du territoire.


Cette distinction est essentielle.


Depuis la fermeture des anciennes gares, l'urbanisation s'est considérablement développée. Le secteur d'Archamps accueille notamment un important pôle d'activités et d'emplois. Une nouvelle gare pourrait donc être implantée là où elle serait aujourd'hui la plus pertinente pour les habitants et les entreprises.


Il ne s'agit donc pas simplement de faire revivre une gare historique, mais de construire une desserte ferroviaire adaptée au Grand Genève de 2050.


Actuellement, le site d’Archamps et son pôle d’activités ne sont pas desservis par le rail. La création d’une nouvelle halte ferroviaire permettrait de mieux desservir ce site, qui compte plus de 250 entreprises et environ 2 500 emplois. Illustration LEX 2050.
Actuellement, le site d’Archamps et son pôle d’activités ne sont pas desservis par le rail. La création d’une nouvelle halte ferroviaire permettrait de mieux desservir ce site, qui compte plus de 250 entreprises et environ 2 500 emplois. Illustration LEX 2050.

Le Grand Genève envisage déjà une cadence de 30 minutes


Le rapport consacré aux perspectives du transport ferroviaire dans le Grand Genève va précisément dans cette direction.


Il identifie la nécessité d'améliorer la desserte de l'axe Bellegarde–Annemasse, notamment en réactivant les arrêts de Viry et Collonges et en étudiant un arrêt à Archamps. Il envisage également une amélioration de la fréquence pouvant atteindre un train toutes les 30 minutes.

Mais cette augmentation de fréquence nécessite des investissements : la ligne doit disposer des points de croisement et des aménagements d'infrastructure permettant d'accueillir davantage de circulations.


C'est ici que se trouve le véritable enjeu.


Rouvrir une gare sans améliorer la ligne ne suffira pas.


Il faut au contraire raisonner à l'échelle de l'ensemble de l'axe :


Valserhône – Valleiry – Viry – Saint-Julien – Collonges/Archamps – Bossey-Veyrier – Annemasse – Thonon-les-Bains – Evian-les-Bains.


Une telle ligne pourrait alors devenir une véritable composante du réseau du Léman Express.


La gare de Bossey-Veyrier pourrait également retrouver une nouvelle jeunesse, et permettre la desserte de toute l'agglomération grâce aux trains du Léman Express et de la Jura Léman Salève. Illustration LEX 2050.
La gare de Bossey-Veyrier pourrait également retrouver une nouvelle jeunesse, et permettre la desserte de toute l'agglomération grâce aux trains du Léman Express et de la Jura Léman Salève. Illustration LEX 2050.

LEX 2050 défend une étape supplémentaire : le raccordement à la Jura-Léman-Salève


C'est précisément sur ce point que LEX 2050 souhaite aller plus loin.


Depuis plusieurs années, notre association défend le principe d'un raccordement de la future Jura-Léman-Salève à la ligne Valserhône–Annemasse.


Le projet JLS constitue aujourd'hui le grand projet ferroviaire structurant du canton de Genève pour les prochaines décennies. Le Conseil consultatif mis en place par le Conseil d'État a lui-même souligné l'intérêt de mettre cette nouvelle infrastructure en relation avec les lignes existantes du pied du Jura et du pied du Salève, afin de constituer à terme un réseau franco-valdo-genevois beaucoup plus vaste.


LEX 2050 soutient pleinement cette recommandation.


Mieux encore, nous considérons que le raccordement de la JLS à la ligne du pied du Salève doit être intégré dès maintenant aux réflexions sur le projet.


Il ne faudrait pas construire une nouvelle infrastructure qui fonctionnerait en vase clos, alors qu'à quelques kilomètres seulement se trouve une ligne ferroviaire existante permettant de prolonger son rayon d'action.


Le schéma présenté par le Conseil Consultatif du projet Jura-Léman-Salève, à gauche, et le schéma de LEX 2050 prévoient tous les deux des raccordements de la Jura-Léman-Salève au nord et au sud. Illustration LEX 2050.
Le schéma présenté par le Conseil Consultatif du projet Jura-Léman-Salève, à gauche, et le schéma de LEX 2050 prévoient tous les deux des raccordements de la Jura-Léman-Salève au nord et au sud. Illustration LEX 2050.

De Gex à Annemasse ou de Thoiry à Valleiry


Le potentiel d'un tel raccordement est considérable.


Dans le schéma défendu par LEX 2050, les trains de la Jura-Léman-Salève pourraient poursuivre leur parcours depuis le Pays de Gex et le canton de Genève pour rejoindre la ligne du pied du Salève.


On pourrait alors créer des relations directes entre :


Gex → Saint-Genis-Pouilly → Genève → Archamps/Collonges → Annemasse


ou


Thoiry → Saint-Genis-Pouilly → Genève → Saint-Julien-en-Genevois → Viry → Valleiry


C'est exactement le rôle que doivent jouer les infrastructures tangentielles dans un réseau métropolitain moderne : compléter les lignes radiales plutôt que tout concentrer autour de Cornavin.


La ligne du pied du Salève pourrait ainsi devenir une véritable tangente ferroviaire du Grand Genève, permettant de relier entre eux plusieurs pôles périphériques aujourd'hui relativement mal connectés.


Une vision déjà étudiée


Cette idée n'est d'ailleurs pas nouvelle.


Une étude réalisée par SMA und Partner AG en 2011 avait déjà étudié le raccordement de la ligne Valserhône–Annemasse à la « raquette ferroviaire » genevoise. Le scénario envisageait notamment des trains circulant entre Valleiry, Annemasse et Pont-Céard, avec des dessertes de Viry, Saint-Julien, Archamps, Collonges-sous-Salève et Veyrier.


LEX 2050 s'est appuyée sur ce concept pour développer son propre schéma de réseau et proposer aujourd'hui son raccordement à la JLS.


Le projet JLS offre en effet une occasion particulièrement intéressante de réactualiser cette ancienne vision.


Schéma de l'étude SMA de 2011 avec le raccordement de la ligne du pied du Salève au réseau ferroviaire genevois.
Schéma de l'étude SMA de 2011 avec le raccordement de la ligne du pied du Salève au réseau ferroviaire genevois.

Une condition : renforcer l'infrastructure


Pour rendre cette vision possible, plusieurs investissements seront nécessaires.


La réouverture des gares constitue une première étape, mais il faudra également :


  • créer les points de croisement nécessaires ;

  • améliorer les infrastructures de la ligne Valserhône–Annemasse ;

  • permettre une fréquence régulière, idéalement de l'ordre de 30 minutes ;

  • assurer une parfaite compatibilité entre les circulations ;

  • intégrer progressivement la desserte au système du Léman Express et à la Jura-Léman-Salève.


Le raccordement à la JLS doit donc être pensé comme un projet de réseau, et non comme une simple jonction physique entre deux lignes

C'est précisément ce que défend LEX 2050 : utiliser les infrastructures existantes pour maximiser le potentiel des nouvelles infrastructures.


Ne pas construire des terminus, mais un réseau


C'est finalement l'enjeu principal.


Le Jura-Léman-Salève ne doit pas devenir un terminus à Saint-Genis-Pouilly.

La ligne du pied du Salève ne doit pas rester une ligne TER isolée entre Valserhône et Annemasse.


Et les gares de Viry, Collonges et Archamps ne doivent pas être considérées comme de simples arrêts supplémentaires.


En reliant ces infrastructures, nous pouvons construire progressivement un véritable réseau ferroviaire transfrontalier, capable de desservir les territoires périphériques sans obliger chaque déplacement à transiter par le centre de Genève.


Le Conseil consultatif de la Jura-Léman-Salève vient justement de rappeler l'importance de penser dès aujourd'hui les connexions futures avec les lignes du pied du Jura et du pied du Salève.


LEX 2050 partage pleinement cette ambition et souhaite que le raccordement de la Jura-Léman-Salève à la ligne Valserhône–Annemasse soit intégré aux prochaines études.

Car le véritable Léman Express de demain ne sera pas seulement un réseau de lignes qui convergent vers Genève.


Ce sera un réseau maillé, capable de relier directement le Jura, le Pays de Gex, le Genevois, le pied du Salève, Annemasse et les autres pôles du Grand Genève.


Et dans cette vision, Viry, Collonges-sous-Salève et Archamps pourraient bien devenir les gares d'un nouveau maillon essentiel du Léman Express.


Découvrez les propositions de LEX 2050 pour la ligne du piémont du Salève :




 
 
 

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