Léman Express : élus et association réunis à Nantua pour évoquer les prochaines étapes
- 3 mars
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Hier, mardi 2 mars 2026, plusieurs membres de l’association se sont rendus à Nantua afin de rencontrer les élus des treize municipalités ayant contribué au financement de l’étude réalisée par les cabinets Citec et Artelia concernant le prolongement du Léman Express au-delà de Valserhône.

Au cours de cette réunion, les représentants de l’association ont présenté aux élus la réponse formulée par les équipes techniques de la Région Auvergne Rhône Alpes à propos des conclusions de cette étude. Comme cela avait déjà été mentionné dans une publication de l’association en date du 14 janvier dernier, ces dernières ont salué le sérieux et le professionnalisme du travail réalisé. Elles ont toutefois rappelé plusieurs éléments structurants qui doivent être pris en considération dans la poursuite de la réflexion.
En premier lieu, le prolongement du Léman Express en direction de Nurieux Volognat est conditionné au maintien d’une offre de trains à grande vitesse avec une fréquence maximale d’un TGV toutes les deux heures sur la ligne concernée. En second lieu, il a été souligné qu’une étude d’opportunité demeure nécessaire afin d’évaluer de manière plus précise le niveau de fréquentation susceptible d’être observé sur ces prolongements. Enfin, il a été rappelé que des arbitrages budgétaires devront être opérés afin de déterminer le degré de priorité de ce projet par rapport à d’autres investissements régionaux dans le domaine des mobilités.
En réponse à ces observations, le président de l’association LEX 2050, également présent lors de cette séance, a tenu à rappeler plusieurs éléments. Il a notamment indiqué qu’il demeurait techniquement possible d’augmenter l’offre de trains à grande vitesse grâce à la circulation de rames en unités multiples. Une telle organisation permettrait par exemple d’envisager une séparation des rames à Bourg en Bresse, offrant ainsi la possibilité de concilier le développement de l’offre à grande vitesse et le déploiement progressif du Léman Express vers de nouveaux territoires.
Par ailleurs, il a été rappelé que la périurbanisation de l’agglomération genevoise, observée depuis les années 1990, se poursuit à un rythme soutenu. Le département de l’Ain compte aujourd’hui près de 28 000 travailleurs frontaliers, contre environ 20 000 en 2018. Dans le même temps, le Léman Express, initialement dimensionné pour transporter 50 000 voyageurs par jour, accueille déjà près d’un tiers de passagers supplémentaires. Les rames circulant sur la ligne RL6 reliant Valserhône à Genève sont aujourd’hui saturées aux heures de pointe. La même situation s’observe dans les parkings de la municipalité, qui affichent régulièrement complet. Ces éléments permettent d’envisager un potentiel de fréquentation particulièrement élevé pour les prolongements étudiés.
S’agissant de la question budgétaire, il a été souligné que, si les contraintes financières pesant sur l’État et sur la Région sont parfaitement comprises, les montants envisagés pour ces prolongements demeurent relativement modestes au regard des bénéfices attendus. À titre de comparaison, près de 50 millions d’euros ont récemment été investis dans la mise en place du bus à haut niveau de service reliant Gex à Genève, pour une ligne enregistrant environ 8 200 montées quotidiennes, soit un volume inférieur aux prévisions avancées pour les prolongements ferroviaires étudiés. Il convient également de rappeler que le département de l’Ain a perçu près de 100 millions d’euros l’an dernier au titre de la compensation financière genevoise liée aux travailleurs frontaliers.

À l’issue de cette réunion, et en accord avec plusieurs élus présents à Nantua, il a été convenu qu’une fois la période des élections municipales passée et lorsque, au printemps, les orientations définitives du Service Express Régional Métropolitain (SERM) franco-genevois seront connues, l’association se rapprochera d’un bureau de recherches afin de commander une étude de faisabilité. Cette démarche serait engagée dans l’hypothèse où les prolongements vers Culoz et vers Nurieux Volognat ne seraient pas intégrés aux projets du futur SERM.
Par ailleurs, les élus ont indiqué qu’ils solliciteront les deux entreprises partenaires de TGV Lyria, à savoir SNCF Voyageurs et les CFF, afin de connaître leur position concernant une éventuelle augmentation de l’offre de trains à grande vitesse empruntant la ligne dite des Carpates.
Enfin, il a été décidé que les élus se rapprocheront également des autorités compétentes du Grand Genève afin d’examiner la possibilité de financer une partie de ces travaux d’infrastructure grâce au nouveau fonds frontalier du Grand Genève. À cet égard, il convient de rappeler que neuf collectivités publiques du Grand Genève ont signé, le jeudi 27 novembre 2025, trois accords majeurs visant à renforcer la coopération transfrontalière en matière de mobilité et de financement d’infrastructures structurantes. Dans ce cadre, près de 182 millions de francs, soit environ 192 millions d’euros, doivent être investis par les signataires entre 2026 et 2032.
L’association poursuit ainsi son engagement en faveur du prolongement du Léman Express en direction de Nurieux Volognat et de Culoz. Ces extensions apparaissent à la fois techniquement réalisables et financièrement accessibles, en particulier si on les compare à certains projets de mobilité du Grand Genève dont l’efficacité apparaît plus limitée. Les deux prolongements envisagés permettraient en effet d’offrir près de 64 000 places supplémentaires par jour. À titre de comparaison, les travaux du bus à haut niveau de service reliant Gex à Genève ont coûté près de 50 millions d’euros pour une efficacité que certains élus et usagers continuent aujourd’hui de remettre en question.




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