Quelles entreprises pourraient profiter de la réouverture de la ligne du piémont du Jura ?
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Le 1er décembre dernier, nous avons rédigé un article intitulé « Les trains de marchandises reviendront-ils sur la ligne du piémont ? ». Après avoir passé en revue les activités historiques de cette ligne, notamment l’évacuation des déchets de Pays de Gex Agglo vers l’incinérateur SIVALOR à Valserhône, nous nous étions interrogés sur les besoins des différentes entreprises de la région et sur l’éventuel intérêt qu’elles pourraient trouver à transférer une partie de leurs flux de marchandises vers le rail.

Dans le cadre de notre étude portant sur la réouverture de la ligne du piémont, son raccordement à la ligne Jura-Léman-Salève et son prolongement de Divonne-les-Bains à Nyon, notre équipe technique a recensé les entreprises ayant autrefois bénéficié d’une desserte ferroviaire, ainsi que celles qui pourraient, moyennant des volumes réguliers et significatifs, tirer profit de cette infrastructure.
Dans l’étude de 2020, mandatée par Pays de Gex Agglo et réalisée par Transport Technologie-Consult Karlsruhe GmbH, un volet consacré au fret avait déjà été développé. Les entreprises Béton VICAT au Crozet ou Gex Granulats y étaient notamment mentionnées. Situées à proximité de l’ancienne ligne ferroviaire, elles indiquaient alors « rester intéressées par les capacités du transport ferroviaire sur moyenne distance, sous réserve de conditions tarifaires adaptées », tout en soulignant que « l’opération serait envisageable, d’autant que les coûts du transport routier devraient augmenter alors que le prix de la tonne ferroviaire reste relativement stable ». Cette tendance s’est effectivement confirmée au cours de la dernière décennie, et plus récemment encore avec la hausse du prix des carburants.

Un potentiel existe donc pour les entreprises et les entités publiques ayant déjà eu recours à cette infrastructure, notamment dans les secteurs des granulats et du traitement des déchets. Mais qu’en est-il des autres acteurs du territoire ? Plusieurs entreprises pourraient également représenter un potentiel non négligeable, en particulier deux enseignes : Leroy Merlin et Intermarché.
Ces deux entreprises sont implantées dans les zones commerciales de Péron, Val Thoiry et de l’Allondon, toutes situées à proximité immédiate de la voie ferrée. Elles pourraient ainsi être relativement facilement desservies par le rail, contribuant à réduire le trafic de poids lourds sur les routes départementales reliant Valserhône au Pays de Gex.

Enfin, le CERN pourrait également représenter, de manière temporaire, une opportunité logistique. En effet, dans le cadre de la construction du futur accélérateur de particules FCC, plusieurs puits d’excavation doivent être réalisés, notamment au niveau de Challex, afin d’extraire les matériaux issus du creusement du tunnel. Dans une démarche visant à limiter l’impact environnemental du projet, le CERN étudie la possibilité de convertir une partie de la ligne du piémont, entre Fort-l’Écluse-Collonges et Saint-Jean-de-Gonville, en tapis convoyeur, les matériaux étant ensuite chargés sur train à la gare de Collonges. Une autre possibilité, soutenue par certains acteurs du territoire, consisterait à rouvrir la ligne ferroviaire sur toute la section sud afin de transporter ces matériaux directement depuis Saint-Jean-de-Gonville.

Bien que nous ayons temporairement suspendu les travaux de notre nouvelle étude pendant la phase de consultation avec la Société des Grands Projets, relative à l’éventuelle réouverture de la ligne du piémont, nous restons déterminés à examiner toutes les options techniquement et financièrement réalistes afin d’apporter des solutions de mobilité adaptées aux différents acteurs de nos territoires.




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