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Réactiver des lignes ferroviaires : un levier concret pour les mobilités du quotidien

  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

La réouverture de la ligne ferroviaire Alès – Saint-Ambroix – Bessèges, dans le département du Gard, offre un exemple particulièrement éclairant du potentiel que représentent les infrastructures ferroviaires existantes pour améliorer la mobilité dans les territoires.


Schéma de la ligne Alès – Saint-Ambroix – Bessèges qui sera bientôt réouverte. Illustration usagers-transports-haut-allier.eu
Schéma de la ligne Alès – Saint-Ambroix – Bessèges qui sera bientôt réouverte. Illustration usagers-transports-haut-allier.eu

Le projet prévoit 65 millions d’euros d’investissements pour réhabiliter 32 kilomètres de voie ferrée, sans électrification. À l’issue des travaux, la SNCF envisage d’y assurer huit allers-retours quotidiens, pour une fréquentation estimée à environ 2 200 voyageurs par jour.


Au-delà de ses chiffres, cette opération illustre une réalité souvent sous-estimée : de nombreuses lignes ferroviaires existent déjà, mais restent inutilisées ou sous-exploitées, alors même qu’elles pourraient contribuer efficacement à améliorer les mobilités du quotidien. Leur remise en service représente souvent un coût relativement modéré comparé à la création d’infrastructures entièrement nouvelles.


Un point de comparaison instructif : le Pays de Gex


Cette expérience permet d’éclairer les réflexions engagées dans d’autres territoires, notamment dans le Pays de Gex, au sein du Grand Genève.


Une étude réalisée en 2020 par Pays de Gex Agglo évaluait à environ 100 millions d’euros le coût de réhabilitation d’une ligne d’environ 40 kilomètres, comprenant cette fois l’électrification de l’infrastructure ainsi que la remise en état de nombreux ouvrages d’art.


La comparaison est intéressante à plusieurs titres :

  • le linéaire concerné est plus important ;

  • les travaux prévus sont plus complets ;

  • et surtout, les volumes de voyageurs potentiels sont nettement supérieurs en raison de la forte dynamique démographique et économique de l’agglomération genevoise.


Bien entendu, le coût global d’un projet dans le Pays de Gex augmenterait avec la réalisation de raccordements ferroviaires stratégiques, notamment vers Nyon en Suisse et vers la future diamétrale ferroviaire Jura-Léman-Salève. Mais ces connexions amplifieraient considérablement les effets du projet, tant en matière de desserte que de report modal.


Une capacité de transport à la hauteur des enjeux du Grand Genève


Dans les scénarios étudiés dans le cadre du projet LEX 2050, l’axe ferroviaire reliant le Pays de Gex au cœur de l’agglomération genevoise pourrait fonctionner avec une fréquence d’un train toutes les trente minutes.


Dans le cadre d’un travail de diplôme réalisé à la Haute-École d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg (HEIA, Suisse), les différentes lignes du réseau proposé par LEX 2050 (à gauche) ont été modélisées selon ce processus. Par exemple, la ligne M3 relierait Gex à Annemasse via la nouvelle J-L-S. Il serait possible de proposer un train toutes les 30 minutes entre Gex et l’embranchement de la J-L-S avec un seul point de croisement à Chevry (graphique de droite). Si l’offre devait être renforcée, il serait nécessaire d’aménager davantage de points de croisement. Illustration LEX 2050.
Dans le cadre d’un travail de diplôme réalisé à la Haute-École d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg (HEIA, Suisse), les différentes lignes du réseau proposé par LEX 2050 (à gauche) ont été modélisées selon ce processus. Par exemple, la ligne M3 relierait Gex à Annemasse via la nouvelle J-L-S. Il serait possible de proposer un train toutes les 30 minutes entre Gex et l’embranchement de la J-L-S avec un seul point de croisement à Chevry (graphique de droite). Si l’offre devait être renforcée, il serait nécessaire d’aménager davantage de points de croisement. Illustration LEX 2050.

Avec des rames modernes de type EMU 115 de Stadler, la capacité de transport atteindrait environ 60 000 voyageurs par jour. Cette capacité pourrait être doublée si les trains circulaient en unités multiples, une configuration courante dans les réseaux régionaux européens.


Rames EMU 115 du constructeur suisse Stadler. Ces rames pourraient circuler de Gex à Nyon et du Pays de Gex au Genevois français, en desservant le cœur de l’agglomération. Avec une circulation de 04h00 à 00h00, à raison d’un train toutes les 30 minutes, près de 60’000 voyageurs pourraient emprunter cette nouvelle infrastructure. En cas de besoin, cette offre pourrait être doublée grâce à la circulation de trains en unité multiple, c’est-à-dire deux trains accouplés l’un à l’autre. Illustration LEX 2050.
Rames EMU 115 du constructeur suisse Stadler. Ces rames pourraient circuler de Gex à Nyon et du Pays de Gex au Genevois français, en desservant le cœur de l’agglomération. Avec une circulation de 04h00 à 00h00, à raison d’un train toutes les 30 minutes, près de 60’000 voyageurs pourraient emprunter cette nouvelle infrastructure. En cas de besoin, cette offre pourrait être doublée grâce à la circulation de trains en unité multiple, c’est-à-dire deux trains accouplés l’un à l’autre. Illustration LEX 2050.

Raccordée à la Jura-Léman-Salève, une telle infrastructure deviendrait alors :

  • un axe structurant pour l’ensemble du Pays de Gex,

  • une solution de transport capacitaire pour le Grand Genève,

  • et un levier majeur de décarbonation des mobilités quotidiennes.


Repenser les mobilités en s’appuyant sur l’existant


L’exemple de la ligne Alès – Bessèges montre qu’il est possible, avec des investissements relativement maîtrisés, de redonner vie à des infrastructures ferroviaires déjà présentes dans les territoires.


Dans des régions à forte croissance démographique comme le Grand Genève, ces projets pourraient jouer un rôle déterminant pour :

  • réduire la dépendance à l’automobile,

  • améliorer la qualité de l’air,

  • et offrir des solutions de transport fiables et durables aux habitants.


La réactivation de lignes ferroviaires ne relève donc pas seulement de la nostalgie ferroviaire : elle constitue un outil concret et stratégique pour organiser les mobilités de demain.





 
 
 

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