Prolongement du Léman Express vers Culoz et Nurieux-Volognat : la position de la Région Auvergne-Rhône-Alpes
- Alain Mayaud
- 14 janv.
- 5 min de lecture
Le 6 janvier dernier, l’association LEX 2050 était invitée à l’Hôtel de Région Auvergne-Rhône-Alpes, à Lyon, afin de prendre connaissance du positionnement de la Région quant aux conclusions de l’étude qu’elle a mandatée et qui a été réalisée par les bureaux Citec et Artelia. Cette étude portait sur le prolongement du Léman Express dans le département de l’Ain, en direction de Culoz et de Nurieux-Volognat.
Afin de répondre à la demande de plusieurs collectivités territoriales, l’association LEX 2050 avait confié à ces bureaux d’ingénierie une mission visant à évaluer la faisabilité de l’exploitation de trains Léman Express au-delà de Valserhône à l’horizon 2032.
Les conclusions de l’étude indiquent que, moyennant un investissement d’environ 23 millions d’euros, il serait possible de mettre en service une desserte horaire entre Nurieux-Volognat et Genève, en complément des circulations actuelles de TGV Paris–Genève.
L’étude s’est également intéressée au prolongement vers Culoz. À l’instar de la ligne des Carpates, une desserte à la cadence horaire apparaît techniquement réalisable, en complément des circulations TER et fret existantes, pour un investissement encore plus limité.
Lors de la présentation officielle des résultats, organisée le 30 septembre dernier à Valserhône, le président de LEX 2050, Alain Mayaud, spécialiste en systèmes ferroviaires diplômé de la Haute École d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg (Suisse), concluait :

« Pour un investissement inférieur à 40 millions d’euros, soit moins que celui consenti pour le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) Gex–Genève, il serait possible de proposer un train régional d’environ 830 places, soit le double de l’offre actuelle entre Valserhône et Genève, avec une desserte horaire entre Nurieux-Volognat et Genève. Cette nouvelle offre permettrait de desservir Brion, Nantua, Charix-Lalleyriat, Saint-Germain-de-Joux et Fort-l’Écluse-Collonges en plus des gares actuellement desservies, à savoir Pougny-Chancy et Valserhône.
Dans cette même enveloppe budgétaire, une desserte horaire pourrait également être assurée entre Genève et Culoz. L’offre serait ainsi renforcée dans les gares actuellement desservies, notamment Pougny-Chancy, Valserhône, Seyssel-Corbonod et Culoz. Les gares de Fort-l’Écluse-Collonges et Génissiat pourraient elles aussi être desservies.
La liaison Valserhône–Genève serait ainsi assurée toutes les 30 minutes, avec des trains offrant 100 % de places assises supplémentaires. Ces investissements constitueraient une véritable alternative de mobilité pour les pendulaires se rendant à Genève, mais aussi pour l’ensemble des habitants du Bugey dans leurs déplacements professionnels et de loisirs. »
Au-delà du report modal attendu, ces investissements permettraient une réduction significative du trafic routier et de l’accidentalité sur des axes départementaux déjà saturés, ainsi qu’aux petites douanes du sud-ouest du canton de Genève, où près de 4 000 véhicules sont recensés chaque matin entre 6h00 et 8h30.
Les conclusions de cette étude avaient vocation à alimenter les travaux en cours sur le SERM (Service Express Régional Métropolitain) du Genevois français, dont les résultats sont attendus en 2026. L’association LEX 2050 espérait donc que la rencontre du 6 janvier permettrait, à défaut d’une décision formelle, d’obtenir une orientation claire sur la volonté régionale de desservir le Haut et le Bas-Bugey par le Léman Express.

Si la Région a salué le professionnalisme de l’étude menée par Citec et Artelia, financée par plus d’une douzaine de communes et par des contributions privées, elle a néanmoins rappelé plusieurs points structurants :
Le prolongement du Léman Express vers Nurieux-Volognat est conditionné au maintien d’une offre TGV toutes les deux heures.
Une étude d’opportunité reste à conduire afin d’évaluer le niveau de fréquentation attendu.
Des arbitrages budgétaires devront être opérés pour déterminer la priorité de ce projet par rapport à d’autres investissements régionaux.
En réponse, le président de LEX 2050 a rappelé que :
Il demeure possible d’augmenter l’offre TGV par la circulation de rames en unités multiples, avec séparation à Bourg-en-Bresse, permettant ainsi de concilier développement de l’offre grande vitesse et déploiement du Léman Express.
La périurbanisation de Genève, observée depuis les années 1990, est en constante progression. L’Ain comprend aujourd’hui près de 28'000 travailleurs frontaliers, contre « seulement 20'000 en 2018 ». Le Léman Express, initialement dimensionné pour 50 000 voyageurs par jour, en accueille déjà près d’un tiers de plus. Les rames de la ligne RL6 (Valserhône – Genève) sont saturées aux heures de pointe, comme tous les parkings de la municipalité, ce qui laisse présager un fort potentiel de fréquentation pour ces prolongements.
Si les contraintes budgétaires de l’État et de la Région sont entendues, les montants envisagés restent modestes au regard des bénéfices attendus. À titre de comparaison, près de 90 millions d’euros ont été investis dans le BHNS Gex–Genève pour une ligne enregistrant environ 8 200 montées quotidiennes, un volume inférieur aux prévisions pour les prolongements ferroviaires étudiés. Il convient aussi de rappeler que l’Ain à toucher près de 100 millions d’euros l’année dernière au titre de la compensation financière genevoise.

En conclusion, l’association LEX 2050 se félicite de la qualité du travail réalisé avec Citec et Artelia et se réjouit que les conclusions de cette étude puissent utilement nourrir les réflexions liées au déploiement du SERM franco-genevois. Elle remercie également les équipes de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et du canton de Genève pour la qualité des échanges et l’attention portée aux résultats de l’étude.
L’association entend désormais se rapprocher des autorités compétentes, notamment du canton de Genève et de Lyria, afin d’évaluer les besoins de développement de l’offre grande vitesse sur la ligne des Carpates et sa compatibilité avec une exploitation régionale, telle que démontrée par l’étude.
Elle sollicitera ensuite la Région Auvergne-Rhône-Alpes afin qu’une étude d’opportunité soit engagée dans les meilleurs délais. Enfin, LEX 2050 militera pour que les travaux nécessaires à la mise en œuvre de ces offres régionales puissent être planifiés, afin d’offrir une visibilité claire des arbitrages de la région, et qu’elles soient financés par la compensation financière genevoise (417 millions d’euros en 2025) ou par le nouveau fonds transfrontalier du Grand Genève.
L’association tient également à rappeler que le canton de Genève s’était déjà positionné quant à cette étude, nous rappelant que les travaux en gare de « la Plaine » ne pourraient pas se réaliser dans la temporalité souhaitée, et que les travaux ainsi que l’augmentation de l’offre en France dépendaient de l’autorité organisatrice de la mobilité, à savoir la région.




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